Évasion, révision, vision, l’excursion ouvre de nouveaux horizons. Croisière sur le Rhin, randonnée hors de soi, qui trace au fil de l’eau, des courants et du temps. Vient ensuite l’incursion en soi, retraite de religieuses au c½ur du calme monastique. Suivent d’autres voyages intérieurs, centrés tout autant qu’excentriques, s’ouvrant sur autant d’espaces dilatés. Les projections amoureuses qui ont fait l’inspiration de Dylan ou de Brel et de leurs chansons à succès. Les fantasmes de créateur qui ont consumé Henri-Georges Clouzot sur grand écran. Des désordres providentiels tout aussi puissants que le rêve du prisonnier. Et toujours, la nécessité de divaguer pour mieux s’accommoder du monde, de l’interpréter pour se l’approprier. Ou de l’imaginer, comme les Soviétiques et leurs soucoupes, s’échappant vers des ailleurs meilleurs. Mais un bémol s’impose. Plus de lignes de fuite. Edgar Morin et Peter Sloterdijk le confirment, le temps d’agir est venu. À force de la contourner, la réalité s’apprête à nous évincer.
— Frédéric Chaubin